Canalblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

er

17 avril 2006

rien

becassine_nevez

Publicité
Publicité
5 décembre 2005

mail

non mais des coups fourbes comme ça c'est quand même scandaleux... Non mais on se croirait en 40 là. vous seriez les premiers à avoir été tondus à la libération quand même...
et en plus arthur refuse de développer les conneries que tu lui as sorti à part un truc dans le genre de "petit cygne argenté"... pathétique.
rien à branler.
tiens je suis allé chercher mes places pour les trans tout à l'heure, je suis passé dans des coins de rennes ça faisait penser à amsterdam. oui je sais avoir des visions d'amsterdam à rennes ça doit aussi être une victoire de l'imagination qur l'intelligence. oui, et là encore tu détournes le sujet. en clair, j'ai mes places pour les trans, rien à...

j'attends toujours des précisions sur ce que t'as sorti à arthur (d'ailleurs je l'ai insulté de ta part ce matin). d'ailleurs je vais dès maintenant rentrer chez moi pour harceler arthur

pour finir mes divagations sur rennes-amsterdam, avec l'aide des discours de de gaulle (oui en ce moment j'aime bien citer de gaulle):
"rennes outragé! rennes brisé! rennes  martyrisé! mais rennes défoncée, par son peuple avec le concours des transmusicales"

et face à un tel torrent de conneries, comme aurait dit Lénine lors de sa dernière rencontre avec Trostky, alors qu'ils évoquaient les possibilités d'installation d'un pouvoir révolutionnaire et internationaliste à travers le monde: "que faire?"

évoquant la même question, Mao aura la réponse décisive face à un Staline pensif (c'était en 1952 alors qu'il mangeaient ensemble près de la cité interdite à Pékin): "passe moi donc le sel".

voilà, je te laisse réfléchir à ces glorieuses paroles qui ne peuvent qu'influencer les petits prolétaires nostalgico-dépressifs que nous sommes...

29 novembre 2005

cicrculaire

29 novembre 2005

CF

29 novembre 2005

nonmix sud paris1

Salut

relisez les textes de congrès camarades!

après avoir lu les textes sur l'antisexisme je ne peut m'empêcher d'éprouver un sentiment de déjà vu.

Et oui, les propositions faites sont déjà fonctionnelles. Les statuts de 1999 considèrent déjà l'intérêt d'une commission non mixte femme (ils ont d'ailleurs été modifié au dernier congrès pour retirer la phrase :les femmes en font la demande quand elles en ressentent le besoin).

Cela dit, il est clair que c'est un principe à réaffirmer et il faut continuer à utiliser ce cadre lors de CF, des stages, etc...

En revanche une commission non mixte homme est complètement ubuesque. Quel intérêt pour les oppresseurs de se réunnir entre eux ? vider leur sac et se lamenter sur leur statut d'oppresseur?

Lors du mouvement pour les droits civiques aux Etats Unis, les noirs se réunissaient entre eux, parfois avec les blancs. Mais les blancs ne se sont jamais réunnis entre eux. Quel intérêt?

il est clair qu'il faut reconnaitre le statut particulier des femmes, victimes d'une oppression patriarcale depuis des siècles et donc leur permettre d'avoir des outils d'émancipation par rapport à cette forme de  domination. A mon sens c'est  par l'échange en réunion mixte que les hommes peuvent prendre conscience de leur statut d'oppresseur et avancer la dessus. Pas en se regroupant enhtre eux.

Si on avait attendu que les patrons se réunissent entre eux pour nous accorder la journée de 8H, on aurait pu attendre longtemps.

a+

julien paris 1

Publicité
Publicité
29 novembre 2005

ogm

*Australie: OGM abandonné suite à des maladies chez les souris*

SYDNEY - Une expérience australienne sur les OGM, les organismes génétiquement modifiés, a dû être interrompue après dix ans de recherche. Les mulots qui se nourrissaient de petits pois résistants aux insectes ont développé des maladies des poumons.

Les résultats de la recherche ont été publiés cette semaine dans le "Journal of Agricultural and Food Chemistry". Ils expliquent que la maladie dont souffrent les cobayes proviendrait d'une modification structurelle de la protéine introduite dans le petit pois pour les rendre résistants aux larves.

"La réaction des souris à la protéine pourrait préfigurer des atteintes à la santé humaine", a expliqué à la chaîne de télévision ABC Thomas Higgins, chercheur au CSIRO, le plus grand organisme de recherche publique du pays.

L'institut souhaitait protéger les plantations de pois contre un insecte ravageur, le Bruchus pisorum. Contrairement aux petits pois, les haricots ne sont pas affectés par cet insecte. Aussi les chercheurs ont-ils utilisé un gêne de ce légume pour améliorer la résistance au bruchum pisorum des pois. Au terme de l'expérience, ces derniers montraient une résistance de 100 %.

Parallèlement à la dissémination en plein champ, une étude de risques, portant notamment sur l'alimentation des souris, a été menée. Les cobayes nourris avec des haricots ou des pois non génétiquement modifiés n'ont pas montré de réaction immunitaire.

En revanche, les animaux dont l'alimentation consistait en pois génétiquement modifiés ont développé une inflammation des poumons et une augmentation des anticorps dans le sérum sanguin. Selon le CSIRO, la réaction s'explique par le processus de transformation que subit le gêne de haricot pour rendre le pois insensible aux insectes.

18.11.2005 ATS

29 novembre 2005

texte révolte copernic

  Accueil MSN  |   Mon MSN  |   Hotmail  |   Shopping  |   Finances  |   Groupes 
.NET Passport

aller à MSN Hotmail
   Aujourd'hui       Courrier       Calendrier       Contacts   
Options  |  Aide   
r3516876@hotmail.com
Newsletters gratuites
Répondre Répondre | Répondre à tous Répondre à tous | Transférer Transférer | Supprimer Supprimer | Spam Spam | Déplacer vers Déplacer vers | Imprimer Imprimer la page | Contact Ajouter à mes contacts
Boîte de réception
Messages envoyés
Brouillons
Messages supprimés
Officiel
PolitiK
Sud

Signaler comme spam
Signaler et bloquer l'expéditeur

Connexion

Nouveau message instantané
Ajouter des contacts Messenger

De : guy.rougerie <guy.rougerie@wanadoo.fr>
Envoyé : samedi 26 novembre 2005 08:16:36
À : "attac 16" <attac16@yahoogroupes.fr>
Objet : [attac16] Révolte quartiers defavorisés - Copernic
Aller au message précédent | Aller au message suivant | Supprimer | Boîte de réception

=====================================================
> Les significations de la révolte
> des jeunes des quartiers défavorisés
> -----------------------------------------------------
> par le groupe Copernic
> "Territoires et nouvelles formes de contrôle social"
> composé d'un collectif d'élus, de professionnels,
> de responsables associatifs et de chercheurs.
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> Copernic flash nov 2005
> =====================================================
>
>
> Depuis une quinzaine d'années, les quartiers d'habitat social ont fait
> l'objet
> de violences urbaines : Vaulx-en-Velin, Strasbourg..... Le terme
> "violences
> urbaines", inventé en particulier par les médias dans les années 90, est
> une
> référence forte des politiques de sécurité. Aujourd'hui, les actes de
> violence
> immédiate, d'incendies de voitures et de bâtiments publics ont été d'une
> ampleur sans précédent dans un nombre important de quartiers d'habitat
> social.
>
> Nous proposons dans ce texte d'analyser sommairement les significations
> socio-politiques de ces violences : quels sens ont-elles pour ceux qui les
> commettent, même s'ils n'ont pas les mots pour le dire ? Comment
> réfléchir,
> dans un dialogue politique, avec ceux qui habitent dans les mêmes
> endroits, qui
> ont vécu ces incidents et ont eu peur ? Les personnes les plus confrontées
> à la
> précarité et aux effets des politiques libérales sont les premières aux
> prises
> avec ces incidents. Le dialogue avec elles est essentiel pour éviter des
> dérives racistes, de refus de l'autre, de négation des problèmes de cette
> jeunesse qui se révolte et de leurs parents.
>
> Ce texte est rédigé par des élus, des professionnels, des responsables
> associatifs, des chercheurs qui sont impliqués avec l'ensemble des
> personnes
> qui vivent dans ces quartiers de plus en plus ségrégés et stigmatisés. Le
> travail quotidien montre un autre visage que celui véhiculé par la
> télévision :
> celui de personnes qui vivent et se débrouillent des difficultés
> auxquelles
> elles sont confrontées, qui inventent de nouvelles solidarités, qui
> affirment
> qu'elles vivent ici depuis de nombreuses générations et sont, pour la
> plupart,
> françaises.
>
> _______________________________________________________________
> 1. Des violences urbaines
>   à la révolte des jeunes des quartiers défavorisés
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> 1.1. Pourquoi les prises de position du ministre de l'Intérieur
> par rapport aux jeunes et aux policiers
> sont à la fois une provocation et un projet politique ?
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> En désignant les jeunes de "racaille" et de "gangrène", en menaçant de
> nettoyer
> les cité au Karcher, le ministre de l'Intérieur n'a pas tenu son rôle
> d'autorité. En utilisant ces termes qui, prononcés par lui, ont valeur
> d'insultes, il a posé des actes de violence et a encouragé la violence et
> le
> racisme au sein de la police. Tenir une police démocratique est un enjeu
> central et difficile, car la tâche même des policiers qui est d'utiliser
> la
> force en référence à la Loi et au statut qui lui est confié, confronte
> chaque
> policier à ses propres limites.
>
> Dès son arrivée en 2002, M. Sarkozy a supprimé la police de proximité. Il
> a mis
> fin aux travaux engagés depuis environ 6 ans en référence à ceux de la
> police
> canadienne, afin de créer des capacités dissuasives au sein de la police
> par
> rapport aux traitements des violences quotidiennes. La suppression de ces
> travaux a encouragé la police à se réorienter vers un mode d'affrontement
> direct par un renforcement du quadrillage du territoire. L'armement des
> policiers par le flash-ball est significatif de ce changement. Plusieurs
> fois,
> au cours des dernières années, le Ministre de l'Intérieur a encouragé des
> policiers à réagir par la force et par la confrontation directe. Ces
> derniers
> mois, toutes les observations montrent que les policiers avaient toute
> latitude
> pour adopter des conduites qui vont au-delà des normes de leur métier. Si
> les
> premières campagnes sécuritaires ont été menées dès 1996 par des
> gouvernements
> socialistes, M. Sarkozy a dépassé sciemment les limites de sa mission.
> Cela ne
> relève pas d'une réaction impulsive mais d'un projet politique. L'absence
> de
> respect des droits et des limites de la Loi contribue à développer la peur
> et
> autorise la construction de modes d'intervention de plus en plus
> sécuritaires.
> Les modifications des lois en témoignent, ainsi que les projets de
> construction
> de prisons pour les jeunes mineurs. Ces dernières semaines, le Ministre de
> l'Intérieur n'a pas tenu son rôle d'autorité. Aussi chaque policier a t-il
> représenté pour les jeunes le ministre de l'Intérieur " en direct ".
>
> L'intervention d'élus, de professionnels, d'adultes hommes et femmes et de
> jeunes a permis de limiter cet embrasement. Présents dans les quartiers,
> sur
> les lieux mêmes, durant plusieurs nuits, ils ont mené un dialogue et un
> travail
> pour rassurer la population. Celui-ci a limité les violences contre les
> personnes elles-mêmes -il n'y a heureusement pas eu de mort- et les
> bâtiments
> publics (écoles, gymnases..., mais aussi commissariats de police). Parfois
> le
> dialogue avec les policiers a été aussi important qu'avec les jeunes pour
> limiter la violence et calmer les tensions. Ces personnes ont joué un rôle
> de
> médiateur. Leur refus des violences immédiates ne signifie pas
> qu'elles-mêmes
> ne soient pas révoltées par les situations actuelles et par les politiques
> menées. L'implication de l'ensemble de ces personnes lors de ces journées
> a,
> dans nombre de sites, renforcé les solidarités. Comment contribuer à ce
> que ces
> capacités collectives constituent les fondements d'actions collectives
> pour
> lutter sur la durée contre ces politiques ?
>
> Il y a urgence à trouver d'autres modes de dialogue politique avec les
> jeunes et
> avec l'ensemble des adultes pour créer des formes de lutte plus actives
> par
> rapport à ces politiques.
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> Comment la télévision, en particulier les journaux télévisés,
> ont contribué à la diffusion de la révolte ?
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> La révolte initiale est née à Clichy-sous-Bois en Seine Saint-Denis puis
> s'est
> étendue à plus de deux cent villes en France, en particulier des petites
> villes
> moyennes. Ceci ne doit rien au hasard. Aujourd'hui nombre de jeunes de ces
> villes cumulent à la fois l'exclusion urbaine due à leur localisation
> périphérique et l'exclusion sociale. Ils disent souvent qu'ils ne sont pas
> reconnus. A la différence, les jeunes de la banlieue proche passent à la
> télévision et font l'objet de représentations visibles même si elles sont
> stigmatisantes.
>
> Dans cette dynamique, exister par l'image télévisuelle constitue un enjeu.
> C'est
> une façon d'exprimer son existence par la rage et la révolte. Des
> discussions
> avec ces jeunes ont souvent montré qu'ils y ont un plaisir immédiat et que
> celui-ci est de très courte durée...
>
> Tous les adolescents, quels que soient leurs milieux sociaux, ont besoin
> d'exister par rapport à leurs proches mais aussi par rapport à la société.
> C'est le moment de leur vie où ils prennent position par rapport au monde
> social et politique. Quand on est en échec scolaire, qu'il est difficile
> d'imaginer l'avenir, que les parents ne sont pas à même de vous inscrire
> dans
> le champ social, exister à la télévision devient un enjeu. L'exercice de
> la
> violence est une des façons de se faire connaître. Pour autant nombre de
> jeunes
> ne se reconnaissent pas dans cette image. C'est à la fois eux et pas eux.
> L'exercice de violences immédiates les inscrit dans une jouissance qui ne
> leur
> confère ni valeur, ni reconnaissance d'eux-mêmes. En cela il existe un
> chemin
> entre ces violences et leur inscription politique.
>
> La télévision en condensant ces images de violence, d'incendies,
> d'affrontements
> et en les diffusant au-delà des frontières ne peut que contribuer à
> renforcer
> ces processus. Internet, au travers des blogs de jeunes qui montrent et
> commentent des images des incendies, contribue aussi la médiatisation de
> ces
> révoltes. Comment faire une télévision qui permette à ces jeunes, à leur
> famille d'exister autrement dans les valeurs de solidarité et d'invention,
> sans
> idéaliser les réalités qu'ils vivent ?
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> Qui sont ces jeunes qui ont été impliqués
> et acteurs de cette révolte ?
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Les données actuelles et nos observations montrent qu'il s'agit bien d'une
> révolte immédiate et prévisible mais non organisée. La plupart de ces
> jeunes
> sont des adolescents, garçons, entre 14 et 20 ans. Beaucoup d'entre eux
> sont
> scolarisés. La plupart, en dépit des déclarations du Ministre de
> l'Intérieur,
> n'ont aucun casier judiciaire. Toutes les interprétations disant que cette
> révolte est organisée par les réseaux de dealers et de mafias ou par des
> réseaux religieux musulmans, sont fausses. Ceci ne signifie pas que des
> jeunes
> impliqués dans des trafics ou proches de réseaux religieux n'aient pas été
> acteurs de ces événements, mais il n'y a pas eu d'organisations
> téléguidées de
> l'extérieur. Dans cette révolte, l'enjeu premier était " d'en être ",
> d'affronter la police, de mettre le feu et de devenir acteur sur la scène
> audiovisuelle.
>
> Ce mouvement non organisé n'a pas de revendications immédiates, mais il
> n'est
> pas sans résonance politique. C'est une révolte politique sans un accès
> direct
> au langage de la société et à des formes d'organisation collective... Cela
> correspond à des formes d'organisation et des façons de s'exprimer que
> nous
> connaissons bien dans la culture quotidienne des jeunes, enfermés dans ces
> cités... Aujourd'hui environ 2500 jeunes font l'objet de mesures
> judiciaires.
> Les tribunaux par la procédure de traitement en temps direct ont pris de
> façon
> massive des décisions graves dans des délais très courts. De nombreux
> jeunes
> ont aujourd'hui un casier judiciaire et certains feront l'expérience de la
> prison. Nous pouvons penser que leur avenir sera fortement influencé par
> ces
> décisions. Comment les accompagner, eux et leur famille ? L'enjeu est
> essentiel
> tant pour les institutions que pour le mouvement social. Il serait dommage
> de
> laisser les réseaux religieux se saisir seuls d'un tel enjeu qui concerne
> directement l'exercice de la démocratie et de la citoyenneté.
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> Pourquoi les jeunes ont-ils exercé des violences
> et des incendies au plus près de chez eux
> et non dans les quartiers des plus riches ?
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Les adolescents de ces quartiers vivent un processus d'enfermement. En
> sortir
> suppose une confrontation à l'extérieur difficile pour eux. Ils ne peuvent
> aujourd'hui s'appuyer sur des formes d'organisation qui le permettent.
> Brûler
> les écoles ou les gymnases sont des attaques à la fois contre les
> institutions
> et contre eux-mêmes. Ces actes ont une portée autodestructrice mais
> permettent
> d'exister par rapport à l'extérieur dans une image de soi qui fait peur
> aux
> autres. Brûler les voitures est un acte simple et rapide qui est source de
> représentation et de jouissance immédiate.
>
> Tenir compte de cette dimension autodestructrice permettrait de reprendre
> le
> débat avec ces jeunes. Le passage à des revendications et à des formes
> d'organisation suppose d'autres modes de présence et de dialogue. C'est un
> chantier pour les forces politiques de gauche.
>
> Pourquoi les parents n'ont-ils pas pu s'opposer à la participation de
> leurs
> enfants à ces événements ? Sont-ils " démissionnaires " ? Sont-ils "
> débordés "
> ?
>
> Face aux difficultés d'avoir un avenir pour leurs enfants, face aux
> conditions
> de vie quotidiennes, aux conditions de travail et d'habitat, les parents
> éprouvent au quotidien de grandes difficultés pour exercer leur autorité
> par
> rapport à la socialisation des enfants. Pour autant, nombre d'entre eux
> sont
> très présents et s'efforcent de transformer ces difficultés. Nombre de
> frères
> et sours y contribuent. Il est donc simplificateur de désigner globalement
> les
> parents comme démissionnaires. Confrontés aux même situations, nombre
> d'entre
> nous serions en difficulté. La question posée est celle du dialogue et du
> soutien à apporter à ces parents tout en reconnaissant leurs ressources,
> leurs
> capacités d'initiative et leur désir d'être des parents actifs et
> responsables.
>
> Les débats menés à l'issue de ces révoltes montrent que nombre de parents
> sont
> ambivalents par rapport aux actes de leurs enfants. Ils condamnent ces
> conduites mais sont eux-mêmes révoltés par les situations vécues par leurs
> enfants. D'une certaine façon, ils comprennent ces révoltes. Plus nous
> condamnerons ces parents sans comprendre ce qu'ils vivent, moins nous
> pourrons
> être solidaires de leur destin et de celui de leurs enfants. C'est aussi
> un
> enjeu de solidarité politique.
>
>
>
> ___________________________________________________
> 2. Eléments d'analyse sur cette révolte
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Cette révolte n'est pas une surprise. Le malaise des jeunes vivant dans
> ces
> quartiers et le refus de la société adulte à leur accorder une place ne
> sont
> pas nouveaux. Les raisons structurelles du chômage, de la précarisation,
> de
> l'habitat ne suffisent pourtant pas à expliquer la révolte de cette
> jeunesse.
>
> La revendication des jeunes à être reconnus dans leur histoire et leur
> identité
> est d'autant plus importante que l'histoire de leurs parents s'éloigne. Le
> dialogue, la place symbolique et concrète de ces jeunes dans notre société
> représente un enjeu central pour la démocratie. Soutenir leur affirmation
> identitaire permet de lutter contre leur enfermement dans une catégorie
> simplificatrice telle que celle de musulman. Des recherches montrent
> qu'aujourd'hui ces jeunes s'identifient à la fois à l'espace local mais
> aussi à
> l'espace national et international. Plus ils peuvent exercer concrètement
> leur
> rôle d'acteur social et politique et plus ils peuvent se reconnaître comme
> citoyen de notre société.
>
> Or le seul travail sur les inégalités socio-économiques ne peut répondre à
> un
> tel enjeu. Ce travail, bien sûr indispensable, doit être relié à la
> reconnaissance des enjeux spécifiques de ces jeunes dont les parents sont
> venus
> d'Afrique noire, du Maghreb ou d'ailleurs, pour faire vivre l'industrie
> française.
>
> De plus certains jeunes en rupture d'une inscription sociale
> institutionnelle
> s'inscrivent dans des modes de vie immédiats où la toxicomanie et la
> survie par
> les trafics joue un rôle important. Face à la dégradation que représentent
> de
> telles situations, certains jeunes adhérent à des courants religieux
> islamiques
> et trouvent là une morale et des possibilités d'identification. Les
> rapports à
> l'islam sont cependant multiples. Il est important de les comprendre et de
> ne
> pas les caricaturer. Or, de plus en plus souvent, ces jeunes sont
> stigmatisés
> en tant que musulman. Cette assignation à une seule identité risque de
> renforcer les ruptures. Aujourd'hui, dans notre société moderne et
> démocratique, les personnes se construisent de façon active en référence à
> des
> identités multiples. Ce jeu sur les identités multiples permet d'éviter
> les
> ruptures violentes et les assignations et d'affirmer son existence
> sociale, si
> besoin au travers du conflit. Ainsi un jeune issu de l'immigration peut se
> reconnaître comme français par l'appartenance nationale, comme musulman
> par la
> religion et comme enfant d'algérien par son histoire familiale...
> L'essentiel
> est qu'il invente lui-même sa propre combinaison, en fonction de sa
> personnalité. C'est cet acquis d'autonomie qu'il nous faut aujourd'hui
> défendre.
>
> Parallèlement des conditions socio-économiques et politiques expliquent
> aussi
> cette révolte.
>
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> 2.1. Le renforcement de la ségrégation
>     et les changements des politiques urbaines
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Cette révolte se nourrit de la dégradation des conditions de vie des
> habitants
> des quartiers. Celle-ci ne peut uniquement être attribuée aux méfaits de
> la
> politique gouvernementale depuis 2002. Le creusement des inégalités entre
> les
> populations de ces quartiers et le reste de la population française n'est
> pas
> récent même s'il tend à s'accentuer. Dans ces quartiers populaires, les
> effets
> du libéralisme -désindustrialisation, augmentation des taux de chômage,
> précarisation du rapport à l'emploi- sont particulièrement forts et
> dépassent
> la seule sphère économique. Dans ces quartiers populaires, c'est toute la
> culture ouvrière autrefois dominante qui s'est désagrégée. Les collectifs
> auparavant adossés sur le partage de valeurs et de pratiques communes se
> fragilisent : les solidarités professionnelles et syndicales, les réseaux
> familiaux, les solidarités de voisinage se fissurent. Pourtant la
> politique
> mise en place par le gouvernement depuis 2002 a constitué une rupture.
> Elle a
> cassé les outils et dispositifs de régulation et de remédiation existants
> dans
> les quartiers. Elle a remis en cause les modalités de contractualisation
> entre
> l'Etat et les collectivités locales.
>
> Les difficultés d'accès à l'emploi, la précarisation du rapport au travail
> sont
> patents dans ces quartiers. Leurs habitants sont, plus que les autres
> français,
> touchés par le chômage. En 2004, le chômage y était de 20,7%, soit le
> double de
> la moyenne nationale. Le fait d'être jeune, immigré ou femme accroît les
> risques de chômage dans des proportions inquiétantes. 36% des garçons et
> 40%
> des filles actifs entre 15 et 25 ans y sont au chômage. De plus la
> précarisation s'accroît avec une multiplication des situations
> intermédiaires
> entre le chômage et l'emploi. La décision de supprimer les emplois aidés,
> tels
> que les emplois jeunes, a amplifié les difficultés et contribué à
> fragiliser
> les structures notamment associatives qui en bénéficiaient.
>
> Dans ce contexte, l'école contribue à la reproduction des inégalités. La
> ségrégation -entendue comme concentration de populations de même catégorie
> sociale- y est encore plus marquée que dans le quartier. Les familles qui
> "
> s'en sortent " peuvent accepter de vivre dans un quartier dévalorisé en
> attendant mieux, mais rares sont celles qui acceptent de scolariser leurs
> enfants dans un établissement dévalorisé. La carte scolaire est
> fréquemment
> détournée par les ménages qui ont le plus de ressources socio-économiques.
> Malgré les politiques de discrimination positives mises en place en
> matière
> scolaire, les établissements scolaires de ces quartiers accueillent les
> enseignants les plus jeunes et les plus inexpérimentés. Dans ces quartiers
> plus
> qu'ailleurs, les habitants se heurtent à la panne de l'ascenseur social et
> aux
> limites du système éducatif.
>
> Parallèlement la ségrégation s'accroît. Elle se manifeste d'abord par le
> regroupement des populations les plus aisées dans les mêmes territoires.
> Ce
> sont en effet les catégories sociales les plus favorisées qui sont les
> plus
> ségrégées. A contrario les territoires les plus pauvres accueillent de
> plus en
> plus de ménages défavorisés, souvent d'origine étrangère. Les inégalités
> de
> ressources entre communes, principalement liées aux différences d'accès à
> la
> taxe professionnelle, restent très importantes et renforcent ces processus
> ségrégatifs. Ce sont en effet généralement les communes dont les
> ressources
> fiscales sont les plus modestes qui cumulent les charges les plus élevées,
> en
> raison de l'importance du parc locatif social et de la part importante de
> ménages défavorisés bénéficiaires des aides sociales. Pour ces communes la
> solution est de compenser ces manques à gagner soit par des taux
> d'imposition
> plus élevés, soit par un niveau moindre de services aux populations ce
> qui,
> dans tous les cas, pénalisent les ménages modestes. Les politiques
> publiques
> mises en place pour lutter ces processus ségrégatifs (quota minimal
> obligatoire
> de 20% de logements sociaux dans le cadre de la loi SRU, mécanismes de
> péréquation fiscale, solidarité fiscale au travers de l'intercommunalité)
> sont
> intéressantes mais ne parviennent pas à inverser les tendances
> structurelles.
> Elles ne sont pas suffisamment soutenues par les gouvernements. La loi SRU
> peut
> être " détournée " par des Maires de communes aisées qui revendiquent de
> payer
> une amende plutôt que de construire du logement social chez eux. Les
> intercommunalités sont trop souvent " de circonstance ", regroupant des
> communes de niveaux de ressources équivalents. La réforme fiscale allant
> dans
> le sens d'une meilleure péréquation des ressources entre communes se fait
> toujours attendre.
>
> Dans ce contexte, la mise en ouvre du Programme National de Rénovation
> Urbaine
> (PNRU) issu de la loi Borloo (1er août 2003) introduit une rupture par
> rapport
> à la période antérieure et suscite des interrogations. L'objectif du PNRU
> est
> d'afficher des résultats quantitatifs en matière de démolitions de
> logements
> (200 000), de reconstructions (200 000) et de réhabilitations (200 000).
> L'enjeu est d'introduire davantage de mixité sociale en attirant les
> catégories
> intermédiaires et en luttant contre la concentration des ménages les plus
> défavorisés. Cela passe par un changement d'image du quartier et par la
> constitution d'une offre d'habitat diversifiée (accession, logement privé,
> pavillonnaire...). Quelles que soient leurs aspirations aux changements,
> les
> habitants des quartiers concernés regardent ces projets avec inquiétude :
> inquiétudes face aux démolitions, aux relogements et aux augmentations de
> loyers qu'elles entraînent et face à l'avenir du quartier et de ses
> populations
> modestes. S'il est trop tôt pour tirer un bilan de ces projets de
> rénovation
> urbaine, on peut d'ores et déjà souligner qu'ils sont élaborés et mis en
> ouvre
> de façon technocratique, sans que les habitants ne soient consultés. Dans
> le
> discours et les représentations, dévalorisation du quartier, trop souvent
> vu
> comme un lieu pathogène, sans vie, ni passé, et de ses habitants vont de
> pair.
>
> Il faut aussi évoquer les restrictions liées au recul des financements de
> fonctionnement émanant de l'Etat dans le cadre de la politique de la
> ville.
> Celles-ci ont, depuis 2 ans, touché de plein fouet le secteur associatif
> dans
> ces quartiers. Ainsi de nombreuses associations qui, depuis des années,
> développaient des actions de solidarité, d'accès au droit, de médiation et
> d'aide à l'intégration des familles immigrées se sont vues précariser,
> voir
> remises en cause dans leur action. Plus largement, c'est tout le travail
> d'associations locales qui a pâti des restrictions budgétaires et du choix
> stratégique d'orienter les financements vers l'urbain et l'investissement
> au
> détriment du fonctionnement et de l'aide sociale. Les déclarations du
> Premier
> Ministre, D. de Villepin, reconnaissant que c'était une erreur et
> réinjectant
> 100 millions d'euros en subventions des associations, n'annule pas la
> tendance
> de fond au désengagement de l'Etat du social.
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> 2.2. Le durcissement de la politique d'immigration
>     et les lois sécuritaires
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> La politique d'immigration tend aussi à fragiliser les habitants de ces
> quartiers. Les étrangers, qui y sont plus nombreux qu'ailleurs, subissent
> de
> plein fouet les conséquences des décisions récentes touchant au
> durcissement
> des conditions d'accès à la nationalité française, aux titres de séjours,
> à la
> fermeture des frontières et aux restrictions des droits des étrangers.
> Loin de
> contribuer à une baisse réelle des flux migratoires, ces mesures
> répressives
> contribuent à augmenter le nombre d'immigrés en situation irrégulière et à
> invisibiliser et fragiliser les étrangers et leurs familles. Ces décisions
> marginalisent et hypothèquent l'avenir d'une partie de la population,
> particulièrement nombreuse dans ces quartiers, les rapports de ces
> familles
> avec leurs pays d'origine, ainsi que le développement de ces derniers.
>
> Les lois sécuritaires et l'appel à la tolérance zéro produisent aussi des
> effets
> délétères dans ces quartiers. Outre le fait qu'elles déplacent l'attention
> des
> problèmes réels (chômage, discriminations, précarisation, sentiment
> d'insécurité...) sur la peur du petit délinquant et sur un mauvais objet "
> le
> jeune arabo-musulman des cités ", elle contribue à élargir la sphère de ce
> qui
> est pénalisé englobant dans cette définition des pratiques propres aux
> jeunes
> des quartiers populaires, telles que le rassemblement dans les halls
> d'entrée.
> Cette mesure stigmatisante est inapplicable et inefficace. Elle renforce
> l'opposition entre les jeunes et les adultes. Elle fait croire qu'il
> existe des
> solutions simples fondées sur la seule répression. Eviter les gênes liés à
> ce
> type de rassemblement suppose au contraire une politique fondée sur le
> dialogue
> entre générations et entre habitants et institutions, sur la médiation,
> sur
> l'ouverture de lieux adaptés pour accueillir ces jeunes..., c'est à dire
> l'exact contraire de ce qui se fait depuis deux ans au travers de la
> baisse des
> crédits aux associations ou de la décrédibilisation systématique des
> professionnels de la médiation. De façon mécanique les lois sécuritaires
> Perben
> 1 et 2, la " pression de la statistique " et la nécessité d'un affichage
> de
> résultats en matière pénale ont contribué à augmenter la pression exercée
> par
> l'institution policière sur les jeunes de ces quartiers populaires. La
> multiplication des contrôles d'identité, particulièrement à destination
> des
> jeunes immigrés, en est l'illustration la plus évidente.
>
> La justice n'échappe pas à ces changements et participe, elle aussi, de la
> chaîne pénale mise en place par le Ministre de l'Intérieur dans l'objectif
> de
> rationaliser et d'accroître l'efficacité de l'institution judiciaire.
> Concrètement cela signifie produire davantage de condamnations pénales
> (plus de
> 1 million par an dont 380 000 peines correctionnelles) en allant le plus
> vite
> possible, selon la méthode du " traitement en temps réel ". Les jeunes des
> quartiers populaires sont les premiers concernés par ces changements :
> parce
> qu'ils sont plus nombreux que les autres jeunes à être emprisonnés, parce
> qu'ils subissent plus que d'autres le remplacement de l'individualisation
> de la
> peine par l'application de barèmes standardisés et de plus en plus
> répressifs,
> ainsi que l'abandon de l'objectif de réinsertion sociale du délinquant au
> profit d'une vision déshumanisée qui assigne définitivement le délinquant
> à son
> statut.
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> 2.3. Le renforcement des discriminations
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Actuellement, les discriminations sont particulièrement fortes et
> concernent
> différents domaines : emploi, formation, logement, contrôle policier...
> Contrairement à certaines idées reçues, elle touche à la fois les filles
> et les
> garçons. Si les filles n'ont été en première ligne dans ces révoltes,
> elles sont
> néanmoins profondément mobilisées sur ces questions et retrouvent des
> solidarités avec les jeunes garçons sur ces thèmes. Certaines expliquent
> comment, face à la discrimination, elles ont retrouvé dans l'appartenance
> à
> l'Islam une dignité et des sentiments d'appartenance.
>
> Au même niveau d'études, les jeunes issus de l'immigration, le plus
> souvent de
> nationalité française, ne trouvent pas de travail correspondant à leur
> niveau
> de qualification. Cette discrimination crée des ruptures radicales avec la
> société car les familles ont souvent fait des efforts importants pour
> soutenir
> leurs enfants à l'école. D'autre part ces jeunes adultes diplômés et sans
> travail ne sont plus crédibles pour ceux qui sont scolarisés au collège ou
> au
> lycée. Ils ne constituent plus une potentialité d'identification positive,
> un
> exemple d'une possibilité de sortie de la position d'exclus.
>
> Aujourd'hui de plus en plus de jeunes expriment leurs difficultés. Ils ne
> se
> sentent pas acceptés ni dans leur pays d'origine, ni en France.
> Potentiellement
> ils sont " sans terre ". Ce processus, ainsi qu e les échos de l'histoire
> coloniale les incite à s'identifier aux Palestiniens. Cette question est à
> prendre au sérieux et à traiter dans toute sa complexité.
>
>
> __________________________________
>
> 3. Enjeux et propositions
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Il est urgent de comprendre ce qui s'est passé au travers de cette
> révolte. Il
> est tout aussi indispensable d'en parler avec toutes les générations. Les
> nombreux débats menés dans les villes concernées sont essentiels. Ils
> expriment
> à la fois la solidarité avec ces jeunes, la révolte potentielle des
> adultes et
> la nécessité de construire des alternatives politiques à celles proposées
> aujourd'hui.
>
> Dès maintenant il est urgent de s'organiser pour maintenir un travail
> collectif,
> pour lutter contre ces politiques et soutenir les jeunes qui font
> aujourd'hui
> l'objet de mesures judiciaires et de peines d'emprisonnement. Il serait
> important que ces collectifs ne soient pas seulement constitués par les
> acteurs
> locaux mais qu'un travail puisse être mené en lien avec d'autres
> associations et
> acteurs tels que les syndicats et les partis politiques.
>
> Différents enjeux peuvent être identifiés.
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> 3.1. Renforcer les appartenances populaires
> pour rompre avec la tentation populiste
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Les destructions par incendies de voitures et de bâtiments publics et
> privés
> renforcent les sentiments de peur et les discours de rejet vis-à-vis de
> leurs
> auteurs.
>
> Ces réactions d'hostilité sont alimentées par de multiples discours,
> parfois au
> plus haut niveau de l'Etat. Ces discours ne peuvent du fait même de leur
> récurrence être des maladresses. Certains responsables politiques visent à
> gagner des voix sur l'électorat du Front National.
>
> Ces positions conduisent à exacerber les réactions des jeunes qui y
> répondent
> violemment. Elles alimentent un cercle vicieux dans lequel les jeunes
> risquent
> d'être pris au piège en s'identifiant aux discours qui les désignent
> négativement. Elles contribuent aussi à exacerber les émotions et les "
> désirs
> d'en découdre " des populations en faisant entendre que chacun est une
> victime
> potentielle et doit avoir peur des jeunes de banlieue.
>
> Les risques sont nombreux : rejet des institutions, accentuation des
> divisions
> au sein des milieux populaires, voir désignation d'un ennemi interne au
> quartier qu'il faudrait éradiquer.
>
> Malgré ces risques, les mobilisations collectives dans les villes ont
> montré
> l'existence de solidarités entre les élus locaux, les militants
> associatifs et
> une partie des habitants. Les collectifs d'habitants cherchant
> l'affrontement
> direct avec les jeunes ont été très peu nombreux. Il est cependant
> nécessaire
> d'exercer une grande vigilance à ce propos car il existe un vrai risque de
> dérive populiste et xénophobe.
>
> L'histoire nous indique que les aspirations populistes sont à prendre très
> au
> sérieux car elles peuvent conduire à la mise en cause d'acquis
> démocratiques et
> à l'instauration de régimes d'exception. Renforcer la démocratie et la
> crédibilité des institutions en endiguant leur instrumentalisation
> populiste
> constitue aujourd'hui un enjeu majeur pour redonner une chance au conflit
> social. Sinon le risque est grand de voir la violence légitimer la
> violence
> dans un cercle vicieux où la démocratie se perdra.
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> 3.2. Lier la révolte des jeunes au mouvement social
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Cette révolte a partie liée avec le mouvement social. Pourtant le lien
> n'est pas
> établi.
>
> La révolte des jeunes exprime aussi une profonde solitude. Le mouvement
> lycéen
> de 2004 n'est pas sans lien avec cette révolte. Les jeunes inscris dans ce
> mouvement, qui a été fortement réprimé, n'y ont pas trouvé de débouchés
> dans un
> conflit social. A l'intérieur du mouvement lycéen, la place des jeunes
> issus des
> quartiers populaires n'a pas été évidente. Il a existé des conflits à
> l'intérieur du mouvement lycéen qui n'ont pas été élaborés.
>
> Dans ce contexte en quoi les révoltes des dernières semaines
> expriment-elles un
> repli des jeunes au sein des quartiers populaires ? Comment reprendre le
> dialogue avec ces jeunes, à partir de leurs modes d'expression, pour aller
> vers
> plus de conscience politique ? Des travaux de recherche montrent que ces
> jeunes
> ne sont pas hors des enjeux politiques mais qu'ils ont très peu de lieux
> pour
> les traduire dans une expérience concrète. Le mouvement social et ses
> structures portent une responsabilité à ce propos. Il existe des
> potentialités
> pour que les jeunes deviennent des acteurs politiques. Cela suppose à la
> fois
> des lieux de dialogue, la reconnaissance de leurs propres enjeux et la
> construction avec eux de combats collectifs.
>
> Les acquis des professionnels impliqués dans la mise en ouvre des
> politiques
> publiques des villes ces dernières années constituent des potentialités
> pour le
> mouvement social. Il est important de faire le lien entre ce travail local
> et
> quotidien et la définition des enjeux et des pratiques du mouvement
> social.
>
>
>
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
> 3.3. Faire le lien entre la lutte contre les inégalités sociales
> et la reconnaissance des identités
> ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
>
> Aujourd'hui il existe une forte concurrence entre les systèmes de valeurs
> et les
> manières de penser le monde. Les valeurs d'égalité, de liberté et de
> solidarité
> sont mises en cause par la promotion de valeurs profondément liées au
> libéralisme : compétitivité, individualisme, efficacité. Les valeurs des
> jeunes
> et leurs conduites ont partie liées avec l'affirmation de ces valeurs
> qu'ils
> agissent souvent de façon paradoxale. Ils peuvent en même temps dire
> qu'ils
> sont solidaires et affirmer que l'on ne peut s'en sortir que par soi-même.
> Dépasser ces paradoxes suppose de pouvoir faire l'exercice de son
> potentiel
> d'acteur social et politique et des responsabilités que cela confère. Ceci
> suppose que ces jeunes puissent faire la preuve qu'ils peuvent influencer
> le
> devenir de la société.
>
> Aujourd'hui nombre d'entre eux expriment en même temps des sentiments
> d'injustice, d'humiliation et de non-reconnaissance. Ils associent
> étroitement
> l'injustice sociale et la non-reconnaissance de leurs identités
> personnelles et
> familiales (absence de lieu de prière décent ou de cimetière musulman dans
> des
> villes où l'immigration est forte et ancienne, non-reconnaissance de leur
> histoire dans les manuels scolaires...). Il est donc important que ces
> jeunes
> et leurs familles puissent revendiquer leurs appartenances et leurs
> identités
> au travers des luttes sociales.
>
> Ainsi la lutte contre les discriminations constitue un enjeu majeur dont
> il ne
> faudrait pas laisser le monopole à la droite, notamment à Messieurs Borloo
> et
> Sarkozy. Nombre de ceux qui ont aujourd'hui la quarantaine et qui sont
> issus de
> l'immigration maghrébine, qui ont été déçus par les politiques de gauche
> se
> tournent, dans une recherche d'exercice du pouvoir, vers l'UMP. Il serait
> dommage que les forces de gauche et le mouvement social laissent à ce seul
> parti le traitement d'un tel enjeu.
>
> Pour ce faire, il est important de faire le lien entre l'injustice sociale
> et
> les  discriminations.
>
>
> ---
> Fondation Copernic-BP 32-75921 Paris cedex 19
> Tel : 06.75.25.77.76 Email : fondation.copernic@ras.eu.org
> Http : //www.fondation-copernic.org
>
>
>




%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%
Liste de discussion ATTAC 16

Les dernières infos ? http://local.attac.org/attac16/

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%




Liens Yahoo! Groupes

Répondre | Répondre à tous | Transférer Aller au message précédent | Aller au message suivant | Supprimer | Boîte de réception

   MSN - Chaque jour plus proche de vous !
  Accueil MSN  |   Mon MSN  |   Hotmail  |   Shopping  |   Finances  |   Groupes 
Commentaires  |  Aide   
© 2005 Microsoft CONDITIONS D'UTILISATION  Confidentialité  Contenu illicite  Anti-spam

Publicité
Publicité
Publicité